Extrait du Livre des sphinges (Lois)

Malgré les indications du texte au sujet de Garapal, le Livre des Sphinges serait un témoignage de la loi de Mezdahor apportée par le prophète aramidras. Une légende humiréenne raconte que les Banu Armadar ayant perdu cette loi lors des guerres krakéites, les Sphinges seraient descendues des Monts Rocheux pour la leur restituée à la fondation des cités sargonides par les rois confédérés de Balad al-Jamah.

Nous, Protectrices Célestes du Shadiraï et de Gandariah, dans le secret de Sa Majesté Garapal, le Roi des Rois, apportons à la gouvernance des princes et des cadis les lumières de la loi renouvelée et purifiée.
Que tous proclament la justice sur Gandariah et dans les Cieux, qu’ils voient comme les préceptes sont venus et comme le mensonge s’en est allé, chassé à jamais.
  1. La vie est un dépôt sacré des cieux et ne peut être ôtée, à moins de crime reconnu devant la tribune d’un cadi ou d’un mobed, par procès.
  2. Le vol, le viol et le rapt sont crimes passibles de mise aux fers de l’esclavage. Si le coupable est esclave, qu’il soit puni à hauteur du délit.
  3. Mensonge est infamie. S’il a lieu devant tribune, qu’il soit puni de mort.
  4. Les prix sont arrêtés à la limite établie par le gouvernement. Tout marchand contrevenant sera flagellé. Que les mets et les bontés abondent pour le peuple.
  5. L’ouvrier et l’artisan sont les mains de leur corporation. Ils ne peuvent tirer profit sans le scrupule des normes de leur ouvrage.
  6. Le maître doit hospitalité à ses compagnons et apprentis.
  7. Que le serviteur soit traité avec égard.
  8. Que l’impôt soit fixé par le grand vizir ou le roi, s’il lui plaît. Qu’il soit dûment payé.
  9. Nul ne saisira d’usure sur les biens. La pratique du salam est sacrée.
  10. Celui qui transgresse le salam commet un vol. Qu’il soit châtié.
  11. Le renégat envers son seigneur sera banni.
  12. Que nul inceste ne vienne souiller le palais, le temple ou la tribu.
  13. Toute victime peut réclamer réparation et, s’il l’obtient, lever la condamnation du coupable. S’il y a plusieurs victimes, qu’elles obtiennent toutes réparation.
  14. Le soldat est sacré et ce qu’il accomplit est sacré. Il ne peut être entendu pour crime que devant son seigneur.
  15. Celui qui désacralise un lieu saint ou qui blasphème sur un sanctifié, un prêtre ou une vestale, quelle que fut sa croyance, est coupable d’outrage. Le cadi en dispose à sa convenance, selon la nature du blasphème.
  16. La trêve est un devoir sacré. Que la tribu qui rompt la trêve soit châtiée par décret royal.
  17. Nul sacrifice de nouveau-né ou d’esclave ne peut être accompli sans commettre le meurtre. Ceux qui les perpètrent sont des païens, ennemis du ciel. Que le cadi soit sans pitié.
  18. Qu’il y ait des témoins pour chaque accusation ou, à défaut, des preuves irréfutables.
  19. Auprès des rois, tous doivent allégeance. Celui qui trahit, trompe ou menace, qu’il soit incarcéré et flagellé. S’il a fomenté, qu’il soit saisi le jour ou la nuit et passé par le sabre.
  20. Les rois ont droit de vie et de mort. Tout gladiateur fait partie de son trésor, au bénéfice de son maître ou de son émir.
  21. Que celui qui n’éprouve pas de la pudeur pour une action, qu’il l’accomplisse comme elle lui plaît, tant qu’elle n’enfreint pas les lois.

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