La forge et la sidérurgie

Le foyer permet généralement de porter le métal (fer ou acier) à une température qui l’assouplit suffisamment pour pouvoir le travailler. On utilise, pour ce faire, un combustible tel que le charbon ou le bois, plus rarement de l’huile. On attise le feu à l’aide d’un soufflet, parfois mécanique, mais le plus souvent manuel. Les enclumes et les baquets d’eau froide permettent de modeler le métal rendu malléable jusqu’à lui donner la forme souhaitée. Tous les outils traditionnels du forgeron sont ici disponibles pour accomplir cette œuvre.

Les carrières de minerais et le transport, ainsi que l’entreposage auprès des forges et des ateliers, sont sources de grands inconforts et de nuisances multiples. Le plus souvent, elles se trouvent éloignées des zones d’habitation, si cela est possible, ainsi que des étendues d’eau dédiées à la consommation ou au prélèvement de ressources halieutiques.

Bien entendu, le métal travaillé est abondamment recherché et pas seulement pour la guerre, même si celle-ci en dévore une grande quantité. La qualité de la forge fait la réputation de son propriétaire et lui assure une renommée qui peut parfois dépasser les limites de son voisinage immédiat. Les maîtres forgerons les plus en vue peuvent organiser des ensembles métallurgiques sur plusieurs hectares afin de préparer des flottes ou des armées au combat.

Les risques d’accident y sont importants et les brûlures qu’un ouvrier peut y récolter sont parmi les plus horribles que l’on rencontre dans l’empire. On aménage donc en général une sorte d’infirmerie, si ce n’est en dur, sous une toile, à proximité immédiate afin de prévenir le besoin de soins urgents.

Dans les roches du Mazighân se rencontre un métal bleuté aux caractéristiques exceptionnelles. Mais c’est à Akazame, petite île pelaborienne, que se réalise un miracle de la sidérurgie gandari : on l’y travaille jusqu’à l’obtention d’acier lunaire, élément essentiel de la fabrication d’armes au-dessus de toute imperfection. Ainsi, ce micro-état tente-t-il depuis des lustres d’asseoir sa domination sur l’unique source d’approvisionnement.