La sécurité urbaine

Il s’agit ici d’un ensemble fortifié de caractère urbain. À l’intérieur de sa muraille, on y découvre le palais du souverain ou, le plus souvent, de son représentant, les demeures des proches et des clients, la caserne des gardes du corps, les services du Trésor, quelques magasins, et parfois même un marché. Il arrive également que temples et bains l’émaillent, pour les plus vastes. Un imposant espace y est réservé à l’accueil de la population pour la célébration des cérémonies et des fêtes ; on s’en sert également pour les exercices équestres du prince et de son entourage. Ce lieu transcende les habituels clivages et permet de fondre les différents membres des innombrables tribus dans un service unique dû au prince.

En son cœur, se cache immanquablement la prison, sombre gouffre des turpitudes humaines, dédié chez les taggothi aux tortures effroyables et aux souffrances sans fin. Dans l’ensemble de l’empire, en revanche, les châtiments corporels sont fortement découragés, sauf cas exceptionnels, et les seules punitions infligées le sont théoriquement après procès en bonne et due forme. Des drogues alchimiques sont toutefois utilisées pour contraindre la volonté sans violence physique ; ainsi obtient-on aveux et délations sans trop d’efforts.

Extrait du Livre des sphinges, lois relatives au droit des êtres humains et apparentés (avatars) :

  • La vie est un dépôt sacré des cieux et ne peut être ôtée, à moins de crime reconnu devant la tribune d’un cadi ou d’un mobed, par procès.
  • Toute victime peut réclamer réparation et, si elle l’obtient, lever la condamnation du coupable. S’il y a plusieurs victimes, qu’elles obtiennent toutes réparation.
  • Nul sacrifice de nouveau-né ou d’esclave ne peut être accompli sans commettre le meurtre. Les païens sont ennemis du ciel. Que le cadi soit sans pitié.
  • Qu’il y ait des témoins pour chaque accusation ou, à défaut, des preuves irréfutables.
  • Auprès des rois, tous doivent allégeance. Celui qui trahit, trompe ou menace, qu’il soit incarcéré et flagellé. S’il a fomenté, qu’il soit saisi le jour ou la nuit et passé par le sabre.
  • Les rois ont droit de vie et de mort. Tout gladiateur fait partie de son trésor, au bénéfice de son maître ou de son émir.
  • Que le serviteur soit traité avec égard.