L’audience à la cour

Le rituel de présentation des doléances des clans de la cité au raïs est l’un des temps forts de la vie citadine ou villageoise, même si, en pleine campagne, rien n’est réellement programmé. Bien entendu, on retrouve également ce principe à un niveau supérieur, celui du royaume, où y prennent également part les ambassadeurs et les confréries, ainsi que les différents raïs ou leurs représentants, et les vizirs. Cette cérémonie éminemment protocolaire est très encadrée et, certains dignitaires faisant le déplacement depuis des sites assez éloignés, tout est orchestré bien à l’avance.

C’est l’occasion de répéter l’hommage dû au suzerain, retissant ainsi des liens qui tendent à se distendre avec le temps et la distance. On y arbitre les conflits, rappelant de fait la prééminence de l’autorité centrale sur l’ensemble du territoire. Lorsque le raïs ne prend pas soin de ce rituel, ce qui arrive parfois, et ne lui donne pas la place qu’il devrait avoir, les conflits se règlent devant un mobed ou par l’appel à un Vengeur, marquant ainsi un état de chaos et d’anarchie larvée.

La cérémonie d’allégeance est un moment crucial prenant place au centre du dispositif architectural du pouvoir, une salle consacrée au dieu Mezdahor, dieu de la justice, ornée de sphinges et d’un décorum imposant. Il arrive également qu’un dieu local soit associé au rituel, par souci de préservation des traditions particulières et des spécificités du lieu.