Le harem

Antre dévorant dédié à la chaleur féminine et à ses atours, il est un instrument politique supérieur. En ces lieux, se nouent les destinées, se débattent les grandes orientations des royaumes et s’y courtisent les protocoles soyeux des trônes les plus rudes. Les douces mélopées qui s’en échappent attirent l’oreille et le cœur, faisant vaciller le fort et laissant pantelant de désir le faible, provoquant quelque émoi au sein de la cité endormie, tandis que le monde contemple, amer, ce spectacle savamment orchestré. Décors et parfums sont choisis pour répondre aux musiciens et le tableau presque parfait ainsi brodé laisse à penser que ses architectes s’en sont fait une spécialité.

Les nashizes, courtisanes de haut vol, s’y ébattent sans fard et sans pudeur, attirant entre leurs griffes les importuns, les impudents et les maîtres du moment, sans jamais se départir du masque trompeur de la volupté et du caprice. Derrière leurs sourires apprêtés, se cachent des desseins indicibles. Leur loyauté est toutefois sans faille et elles ne servent avec ferveur que le maître de la cité et du harem, quel que soit son titre politique.

Leur vie n’est toutefois pas absolument vouée à l’enfermement : le sayumor, rite de mariage convenu ouvert par compétition entre les membres de la cour et à l’issu duquel le prétendant le plus chanceux emporte la belle, peut en effet les en libérer. Elles restent toutefois strictement attachées à leur protecteur politique, tenues par un contrat implicite les liant à vie. Dans la cavalcade de ce concours au meilleur, la nashize reste entièrement maîtresse de son destin et fait valoir seule son choix. Ce jeu n’a donc qu’un seul véritable vainqueur : l’âme qui sait étendre la lumière de son prince par-delà les murs du harem.

Plus sur les harems:

https://www.worldanvil.com/w/gandariah-fabio-casa/a/harem-de-cite-imperiale-landmark

Julien Delval, Gynécée