Le salon de thé

Lieu de convivialité, organisé autour d’un patio. La présence d’alcôves permet de réunir les convives par origine, par clan, par groupe, combinant ainsi différentes atmosphères. Tenu par des familles au fil des générations depuis des temps immémoriaux, son aspect immuable en fait une oasis de sûreté au milieu d’un univers d’incertitude. C’est même un devoir que s’imposent ses gardiens de maintenir son intégrité envers et contre tout. Des divans parsèment généralement ses contours, tandis que de lourds tapis s’étalent mollement sur les sols de diverses natures. Les tables basses sculptées dans des bois précieux ou des métaux légers obligent sans cesse à se porter au niveau du sol, sans jamais être attiré vers les hauteurs où nichent, bien souvent, de galants volatiles dont on ne perçoit que le roucoulement et les légers battements d’ailes.

De hauts plafonds finement ouvragés, faits de lignes et d’entrelacs, permettent également de se laisser aller à la rêverie du philosophe observant l’abstrait de l’infini. Les volutes de fumée s’y perdent souvent, laissant le voyageur à la merci du marchand d’art s’aventurant à la recherche d’amateurs d’œuvres au point de payer le prix fort.