Les jardins

Lieux de rencontre où les règles sont transcendées, lieux d’échange entre les lignées où les bornes s’estompent, puits de fraîcheur et de ventilation aussi, ils participent à maintenir la salubrité de l’air ambiant, constellant littéralement le couvert dense de l’habitat gandari et donnant à celui-ci, vu du ciel, l’aspect d’un immense gruyère. Amours et amitiés s’y nouent et s’y dénouent, laissant la fraîcheur de la jeunesse égarée et joyeuse, libre de se vivre hors des carcans rudes et froids de l’histoire commune du peuple, sans fers aux pieds.

Les rires éclatants s’y cristallisent parfois en une goutte de rosée, se libérant dans un tintement au passage du voyageur soudain surpris. Les traces des jeux enfantins laissent de doux sillons dans les allées, évoquant quelle bataille homérique aura tenu en haleine toute une petite troupe l’espace d’une matinée, ou encore quelle course épique aura permis au nouveau seigneur des lieux de triompher sans pareil l’espace d’une éclatante journée de printemps.