Monnaies, poids et mesures

La monnaie se mesure par le poids en métal, séparant l’étain (dirham), en argent (drachme) et en or (dinar). Par conséquent, 100 dirhams font 1 drachme, et 20 drachmes font 1 dinar.

Le contrôle de la monnaie lui donne une valeur certaine et sécurisante. La dépréciation de celle-ci est, par tradition, très peu utilisée, lui assurant une longévité digne de l’espace qu’elle participe à organiser économiquement. Les mines sont étroitement surveillées, les surplus de métal aussi, donnant à l’administration impériale la haute main sur ce commerce stratégique. Ainsi, le cours peut être facilement maîtrisé et ajoute à l’hégémonie militaire et politique la rassurante pérennité d’une monnaie connue pour être infaillible, chacun ayant intérêt à la stabilité de celle-ci. Les prix sont fixés par l’administration et seule la corruption peut permettre aux princes marchands de peser sur ceux-ci de façon à générer un profit supplémentaire à un moment stratégique de leur ascension.

Par ailleurs, le grain sert encore beaucoup de monnaie de compte – voire de valeur d’échange – aux sédentaires, tandis que les nomades recourent encore fréquemment aux têtes de bétail, tant pour des raisons pratiques que culturelles. Néanmoins, une économie fondée sur un échange intensif donne à la monnaie un poids réel et central, faisant la fortune et le pouvoir de la classe marchande, ainsi que de ses parasites naturels : les pirates.

Pieds, coudées, stades et lieues sont les mesures de distances naturelles les plus répandues dans l’empire, bien que des particularismes locaux viennent démentir très largement cette assertion (certains nomades, par exemple, comptent en journées de marche ou en pas de chameaux).

L’once, la mine ou le tonneau sont également répandus pour les mesures de poids ou de charge. Le volume est en général mesuré en barils ou en amphores, parfois en muid.

La confrérie midasséenne a particulièrement fait son affaire de maîtriser l’ensemble du système de conversion des différents poids et mesures, de les répertorier et de leur donner des équivalences centralisées au niveau régional et impérial, de façon à faciliter le commerce. Sans leur intervention, la moindre opération à distance devient un vrai casse-tête ; grâce à eux, les choses sont plus simples. Mais il y a un prix : l’autonomie monétaire est mise en cause puisqu’une confrérie s’octroie le contrôle de la mesure des échanges, générant des intérêts de classe et de groupe qui contrarient les politiciens.